Histoires de course à pied #2 : 2ème marathon

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Il y a 4 mois jour pour jour, je finissais pour la 2ème fois (1ère fois en 2014) le marathon (42,195km) couru lors du « In Flanders Fields Marathon » qui part de Nieuwpoort et se finit à Ypres. Une sacrée aventure et une sensation indescriptible que je conseillerais à chacun de tenter de vivre au moins une fois dans sa vie. Un marathon ce n’est pas une idée si impossible qu’on croit à réaliser. Voici un compte-rendu de cette folle et superbe journée.

Quelques heures avant le départ

Il est à peine 8h30 quand j’arrive à la criée de Nieuwpoort (Vismijn). Tant mieux, j’aime être en avance pour m’imprégner de l’endroit. Les premiers coureurs sont déjà là. Je m’en vais tranquillement à l’intérieur, une espère de grand hangar qui sent le poisson à plein nez. Une odeur vivifiante à défaut d’être tout à fait agréable. L’agitation bat déjà son plein entre les coureurs qui viennent prendre leur dossard (que j’ai pour ma part déjà récupéré la veille) et les autres qui mangent, s’étirent, se reposent. Je décide pour ma part de me trouver une place à terre, histoire d’étendre mes jambes et de les masser.

20 minutes plus tard, je sors prendre l’air et marche vers le centre-ville en passant le long de l’eau, empruntant au passage les premiers hectomètres du marathon. Une fois assez loin, je m’échauffe en trottinant et en effectuant quelques talons fesses, genoux haut et accélérations de temps à autre. Le tout pendant une dizaine de minutes tout en revenant vers la criée.

Comme d’habitude, cela provoque une certaine digestion et j’en profite pour faire un petit passage par les toilettes de chantier à plusieurs reprises jusqu’au départ. La file s’allonge évidemment plus le temps passe avec un certain délais la dernière fois à 9h40.

Au moment où je décide de reprendre mon chemin vers l’intérieur de la criée alors que je suis toujours à l’extérieur, j’entends un son délicieux de cornemuse. Des airs que j’imagine dans la plus pure tradition écossaise s’ensuivent mais étonnement suivi d’un air bien connu d’un film tout aussi culte et geek « Star Wars ». Il n’y a pas à dire, ça donne super bien. Le concert de ce monsieur la quarantaine à vue de nez enchaine les alternances entre morceaux connus et traditionnels, un vrai bonheur. L’apothéose ce sera lors de la venue quelques minutes plus tard, alors que j’étais retourné à l’intérieur du hangar, de ce même joueur de cornemuse. Il n’y avait rien de plus galvanisant que ces airs qui résonnaient dans cet énorme hangar. J’étais prêt pour en découdre avec les 42km, marathon me voilà !

A vos marques, prêt, partez !

Il est 9h50, les appels vers la ligne de départ se font de plus en plus pressant. Je repère le meneur d’allure de mon objectif que j’espère je pourrai remplir même si je le sais un peu trop optimiste : 3h45. Mais qui ne tente rien n’a rien. Le speaker commence à réciter avec entrain le poème bien connu des coureurs, emblème de la course dont le départ s’ensuivra une fois terminé :

Between the crosses, row on row,
That mark our place; and in the sky
The larks, still bravely singing, fly
Scarce heard amid the guns below.

We are the Dead. Short days ago
We lived, felt dawn, saw sunset glow,
Loved, and were loved, and now we lie
In Flanders fields.

Take up our quarrel with the foe:
To you from failing hands we throw
The torch; be yours to hold it high.
If ye break faith with us who die
We shall not sleep, though poppies grow
In Flanders fields.

John McCrae 1872-1918

Le signal de départ est donné, je suis Juan, le meneur d’allure des 3h45 et ses ballons verts qui virevoltent et qui parle un parfait néerlandais que je ne comprends pas du tout lorsqu’il converse avec d’autres coureurs. Je me concentre sur la route car les premiers hectomètres que j’avais repéré à l’échauffement plus tôt déboulent sur un goulot d’étranglement qui nous fera tenir un petit 5’48 pour le premier kilomètre. Tant mieux au moins je ne suis pas parti trop vite. Juan en profite d’ailleurs pour nous préciser (j’imagine) que l’on accélérerait la cadence dès que tout ce peloton compact se sera étiré. Le 2ème kilomètre est directement plus rapide à 5’15. S’ensuivront ensuite une série à cette même allure quasiment métronomique entre 5’10 et 5’15.

Je n’explique pas vraiment pourquoi mais j’ai souvent peu de contacts avec les autres coureurs sur des distances plus courtes, sur tarmac tout du moins. Par contre sur des trails et sur des marathons, c’est tout l’inverse, une tout autre philosophie. On finit toujours par repartir de là avec cette impression d’avoir vécu quelques chose et d’avoir découvert plein de gens. Ca ne rate donc pas, un type me montre les magnifiques coquelicots qui bordent les bords de notre parcours. Orientant la conversation vers de l’anglais étant ignare en matière de néerlandais, nous parlons de nos origines respectives ce sur quoi nous n’allons pas plus loin. Je me fais du coup hélé par un autre coureur qui a entendu notre conversation en français cette fois et qui me demande si je suis un vrai marchois. Et c’est parti pour une longue discussion avec Patrick originaire de Bertrix qui lui en est sans doute à l’un de ses derniers marathons faute d’un genoux vieillissant et capricieux mais qui à l’apogée de sa forme au début des années 90 parcourait les marathons en 3h15. Il finira finalement celui-ci en 3h56.

Pour l’instant ça roule plutôt pas mal, j’aligne les 5’15/km tout en prenant de l’eau et des gels à chaque ravitaillement tous les 5km. Les 20 premiers kilomètres filent et me voilà à faire mon premier semi du jour en 1h50min17sec soit un nouveau record battu de quelques minutes. En effet, ce marathon est tellement plat (à peine des « bosses » de 5 mètres) que je vais plus vite sur semi lors d’un marathon qu’un semi seul dans ma région d’origine.

Je suis toujours proche de Juan que je scrute à ses ballons verts, je converse de temps à autre avec Patrick qui est en fait originaire de la région de Koksijde où il revient peu mais notamment pour voir sa famille qu’il reverra juste après. L’une des ses soeurs, marathonienne également, l’accompagnera même à vélo dans quelques kilomètres jusque la fin. Comprenant que je connais peu la région, il se transforme en guide touristique et m’explique l’histoire des quelques bâtiments qui bordent notre route, proches ou lointains. Les kilomètres filent, je profite du paysage tout en apprenant les points d’intérêts de la région, que demander de mieux ?

Cependant, je me retrouve à ralentir légèrement le rythme à partir du kilomètre 23, je le laisse s’envoler devant moi, en tout cas pour le moment. A partir de là, sentant que je ne pouvais plus tenir le 5’10, je descends à 5’20, puis 5’30 jusqu’au kilomètre 30. Je me cramponne à cet objectif de finir les 33 premiers kilomètres en moins de 3h ce que je réussis en 2h56. Mais cela devient dur. Je suis rejoint par un Lillois avec qui Patrick discutait plus tôt et qui entame la discussion avec moi prenant ensuite le large accompagné de sa femme j’imagine qui le suivait à vélo. Je le reverrai quelques kilomètres plus tard un peu avant le kilomètre 30 pour un petit arrêt technique mais je ne le reverrai plus ensuite. Il avait pourtant l’air encore frais et rapide. Je me reformule un objectif histoire de me motiver. Il me reste 12km soit 1h12 à 6’/km soit une arrivée prévue en 3h52 sui je tiens jusque là à cette cadence. Je décompte les secondes que je grappille au début (jusqu’à une arrivée potentielle en 3h51) et que je finirai par perdre plus tard.

Ca devient vraiment dur, je sens les crampes qui se pointent et je tiens tant bien que mal à rester sous les 6’/km symboliques certes mais importantes pour le mental. Je tiendrai finalement jusqu’au kilomètre 37 à partir duquel je sens des espèces de grosses boules notamment dans ma cuisse droite. Je lutte pour maintenir une certaine foulée tout en me préservant de ces crampes qui me feraient m’arrêter tout net si elles se déclenchent comme j’avais eu le cas l’année passée.

Les dix derniers kilomètres vont être interminables mais je me force  à tenir mentalement. Je me suis pas dans le dur à proprement parler. Ma fréquence cardiaque n’a jamais dépassé le 170 depuis le début alors que je monte souvent à 190-195 sur 10km. Mais les crampes me maintiennent à une allure que je trouverais légère habituellement. Comme nous sommes tous dans le même bateau (de manière volontaire certes), j’essaie toujours d’encourager ceux que je dépasse au ralenti sur le bord de la route avec une petite tape dans le dos et un « courage » que j’espère ils prennent comme quelque chose de positif dans ces moments compliqués.

Je me retrouve à courir avec Kurt qui m’a alpagué pour mon t-shirt portant la mention « Marche-en-Famenne » car il connait le trail « La Grimace » qui a lieu dans la région. Je connais bien sûr vu que c’est organisé par mon club dont j’arbore justement les couleurs (orange fluo et texte bleu foncé) et que j’ai déjà effectué en 2013 (trail de 28km mais distances de 55 et 80km aussi possible). Cependant il devra me laisser, victime de crampes, il finira en 4h11. Pareil avec Damien, un lillois avec qui j’irai jusqu’au km 37, il finira en 3h59.

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A quelques kilomètres de la fin

La fin se déroule presque en solitaire, je croise cependant la route de Jean-Valéry que je dépasse toujours avec une petite tape dans le dos, qui me repasse plus tard en faisant pareil et ainsi de suite jusque la fin puisque nous terminerons dans la même seconde finalement sans avoir couru ensemble plus de quelques secondes.

Les deux derniers kilomètres sont les plus interminables malgré le fait d’avoir troqué les bords de l’Yser pour le centre-ville qui nous fait comprendre que l’on arrive au bout. Je me décide à forcer un peu malgré les crampes toujours proches de débarquer. Je boite presque mais je tiens néanmoins un honorable 6’15/km vu mon état physique. A 200 mètres de l’arrivée, des encouragements de mes enfants, mon épouse et mes amis me donnent les larmes aux yeux et surtout des ailes pour terminer ce marathon en mode sprint. Je ne ressens plus aucune douleur sur le moment, juste de la joie d’y être arrivé et pouvoir fêter cela en famille dans quelques instants. Je récupère un t-shirt et une médaille et mes douleurs reviennent tout aussi vite qu’elles avaient disparues, sacré cerveau. Mais je profite des masseurs disposés juste après l’arrivée pour les soulager et que je remercie grandement.

3h53 et des poussières, mission accomplie et objectif atteint. On verra pour descendre sous les 3h50 une prochaine fois. D’abord profiter de ce délicieux moment en famille et les remercier de m’avoir supporté ce weekend avec toutes les lubies du coureur à pied.

Le mot de la fin

Pour tous les coureurs qui voudraient tester un marathon que ce soit le premier ou non, je le conseille fortement :

  • le coût de 23€ en pré-vente (inscription avant le 1/07) est hyper abordable comparé aux marathons habituels (entre 50 et 100€), c’est presque le même prix que les 20km de Bruxelles alors que l’on reçoit en plus un t-shirt technique et une médaille!
  • le tracé est super plat (aucune bosse) et très agréable le long de l’eau, idéal donc pour la performance et un premier marathon histoire de ne pas trop souffrir,
  • la situation est honorable, il n’est juste pas évident d’aller en train à Nieuwpoort mais vous avez la possibilité de prendre une navette de l’organisation entre la gare d’Ypres et Nieuwpoort (7€ en plus),
  • l’organisation est parfaite :
    • les ravitaillements sont honorables : une bouteille d’eau tous les 5km + éponges 2,3 fois sur le parcours + boisson énergisante et du solide à partir du kilomètre 30,
    • possibilité d’aller chercher son dossard la veille,
    • douches après la course,
    • possibilité d’envoyer son sac à l’arrivée,
  • pas trop de coureurs (1200 en 2014, limitation à 750 en 2015), ce qui est parfait pour prendre ses marques sans se faire bousculer et on est rarement seul pendant la course.

Pas mal non ? En tout cas j’y retournai avec plaisir! Maintenant histoire de varier un peu, je vais sûrement en tester d’autres les années à venir. N’hésitez pas à aller faire un tour sur leur site « In Flanders Fields Marathon » et peut-être que l’on s’y croisera lors d’une prochaine édition! Tenez-moi au courant!

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Histoires de course à pied #1 : sortie en mode aventurier

Ce weekend, j’avais prévu d’aller courir tôt ce matin mais : frontale + pluie + pas envie = impossible. Cela n’arrive pas souvent mais c’est un combo sacrément difficile à combattre. Je dirais même qu’il est inutile de le faire sous peine de se dégoûter.

Vers 10-11h, tout à changé niveau météo avec un beau soleil et j’ai fini par partir pour une sortie « découverte ». Au final une flopée de nouveaux sentiers testés. Malheureusement pas mal de culs-de-sac / clôtures / …

J’ai trouvé un chouette chemin mais pas de bol, je tombe sur une propriété privée… Une propriété gigantesque et magnifique où j’ai atterri via une prairie et un petit chemin sans aucun panneau « propriété privée » mais pour sortir j’arrive par leur entrée avec boite au lettre. Bref même si personne ne m’a rien dit, je ne repasserai plus par respect pour ces gens ou en tout cas en essayant de voir avec les proprios si c’est ok ou non.

Au final 18km en presque 2h et 300m de dénivelé positif avec de bonnes sensations. Notamment un passage de plusieurs kilomètres en mode je m’enfonce de 50cm dans le sol m’a sacrément ralenti et fait revenir tout dégueu. J’avais bien fait de prendre ma vieille paire de baskets et ma petite besace avec quelques trucs à grignoter et bouteille d’eau.

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Dorénavant, je me dis que le weekend et la sortie longue c’est l’occasion de découvrir de nouveaux horizons. Cela impose juste un horaire en journée ce qui n’est pas toujours évident avec la vie de famille 🙂

Les 24h vélo de Marche-en-Famenne 2012 et 2014

Il y a des opportunités qui ne se refusent pas et que l’on est heureux d’honorer. J’ai eu l’occasion de participer à deux reprises à un évènement pour la bonne cause : les 24h vélo de Marche-en-Famenne qui ont lieu toutes les années paires (2012, 2014 en ce qui me concerne). Leur but est de reverser tous leur bénéfices à des ASBL de la région.

Ces 24h sont organisées par le camp militaire Roi Albert, à quelques emcablures du du Wex et du centre de Marche-en-Famenne. Pendant 24h ou moins, cela dépend des formules ((http://www.24h-velo-marche.be/epreuves.php(http://www.24h-velo-marche.be/epreuves.php), des personnes seules (des extra-terrestres) et surtout des équipes se relaient sur un circuit de ± 4 km dans une super ambiance. Le circuit sur route est bien équilibré avec à la fois quelques descentes et une petite montée sur la fin. Si vous avez l’occasion de venir avec un vrai vélo de route, n’hésitez pas. C’est du pur tarmac, aucun sentier ou quoique ce soit de ce style comme je l’imaginais la première fois.

Comment j’ai atterri là-bas ?

N’étant pas du tout cyclo mais runner débutant, c’est vraiment pour la bonne cause que j’avais déjà accepté de faire partie de l’équipe « Les pros pour le centre Eclore » car Eclore était une des 5 ASBL bénéficiaires des dernières 24hlors des deux dernières éditions (2012, 2014). Je ne me sentais pas du tout à l’aise quand j’ai vu l’expérience de mes coéquipiers qui étaient des sportifs accomplis pour la plupart. J’allais faire du mieux que je pouvais et c’est tout ce qui comptait. En 2014, Eclore a remis le couvert en faisant à nouveau appel à la même équipe et quelques autres dont je faisais toujours partie, je ne m’étais visiblement pas dérbouillé trop mal.

Une équipe pas banale étant donné que la veille de l’édition 2012, nous ne nous connaissions pas du tout en arrivant. Nous étions là uniquement par amour du sport et pour vivre une chouette expérience humaine et pour la bonne cause de surcroit. Le seul lien étant que nous faisions partie de l’entourage de personnes travaillant à Eclore.

Le jour J : 1er septembre 2012

Lorsque je suis arrivé avec mon VTT de rouleur du dimanche, j’ai vite compris que j’allais souffrir vu le circuit 100% adapté aux vélos de route.

Mais c’était sans compter sur l’esprit d’équipe où très vite, on a tous compris que c’était dans notre intérêt de rouler sur le même vélo et le meilleur que l’on avait sous la main si possible. Assez rapidement on s’est aussi rendu compte qu’il fallait avoir deux jeux de chaussures pour que celui en piste et le relayeur puisse reprendre la route au plus vite. Ce ne fut pas si simple et rouler avec du 43 quand on fait du 45 le fut encore moins mais
l’esprit d’équipe avant tout. Mes orteils recroquevillés s’en rappellent encore mais la satisfaction d’avoir été jusqu’au bout fut la meilleure des récompenses.

Découverte du circuit 2012 en handbike (version légèrement différente en 2014)

Tracé du tour 2012 (iPhone 3GS un peu impréci)

Tracé du tour 2014 (Nokia Lumia 620)

2012 fut donc une première expérience du genre pour moi. J’ai notamment beaucoup appris sur ce que c’était l’endurance. Pas question de rouler comme un malade pendant 1h en se disant que lors du prochain relais dans quelques heures je serai retapé. A moins que vous soyez un sportif aguerri , votre corps vous envoirra sur les roses rapidement. Non, il faut doser son effort, y aller mollo histoire d’être utile jusqu’au bout pour l’équipe. Vous êtes là pour 24h et plusieurs relais. A vous de doser intelligemment votre relais sur le vélo.

La course et son aspect stratégique

La tactique initiale fut de faire des relais d’une heure et de réaliser un planning des relais. La course commence à 16h (avec un prologue dans le centre ville vers 14-15h), on est donc parti pour 1 ou 2 relais avant minuit étant 6 si je me rappelle bien. Jusque là ça roule. Ensuite vient la nuit où on essaie de dormir tant bien que mal dans les grandes tentes militaires pouvant abriter toute l’équipe d’une bonne quinzaine de personnes vu qu’il y avait aussi une 2ème équipe pour Eclore. Evidemment on dort à peine.

Quand en plus l’avant-dernier relayeur vient vous réveiller pour vous dire que celui juste avant vous est sur le circuit plus moyen de dormir. Se retrouver sur le vélo au bon milieu de la nuit à un effet grisant de faire quelque chose d’inhabituel. Surtout que la plupart des équipes loisirs dorment, que les coureurs solos dorment un peu quand même. Bref entre 1h et 6h du matin, vous vous sentez très seul sur le circuit. Mais ce ne fut pas pour me déplaire.

Les perfomances

Pour parler de ces 24h 2012, nos résultats étant encourageants au début de la nuit (20ème place sur 42 équipes), l’esprit de compétition ancré en chacun de nous s’est manifesté de plus belle et nous à permis de terminer à une 12ème place inespérée pour les amateurs que nous étions avec 165 tours soit 690 kilomètres parcourus sachant que le top10 était composé uniquement d’équipes semi-professionnelles avec un vainqueur à 195 tours (808 km). La matinée fut rythmée d’encouragements sur la ligne de départ, de relais tactiques où on pousse chaque équipier pour qu’il commence bien,… Bref de la compétition et de la testostérone comme j’en avais rarement vécu.

En 2014 (5 & 6 juillet), plus aguerris, on a repris les recettes de 2012 terminant cette fois 14ème avec un moins bon kilométrage 595 km mais tout autant de plaisir et un peu plus de décontraction.

De mon côté, mon meilleur relais aura été réalisé en 2014 lors de ma 2ème sortie à 20h40. Pas exceptionnel si on le prend de manière absolue mais en relatif sachant que j’allais encore faire 5 relais dans les 20h qui alaient suivre, ce n’est pas si mal 🙂 Pour l’anecdote j’étais sur le vélo 3h plus tôt lorsque l’Argentine marqua le fameux but qui élimina la Belgique en quart de finale lors de la coupe du monde au Brésil.

En 2012, mon vieil iPhone 3GS n’était pas terrible pour tracer mon parcours (pas mal d’erreurs qui rendent le résultat peu exploitable). mais comme on faisait 1h de relais, je parcourais jusqu’à 7 ou 8 tours d’affilée à plus ou moins 25 km/h.

Tu reviendras ?

Oui, 1000 fois oui! Ce fut une super aventure humaine :

  • On se lève la nuit pour roulez un peu groggy,
  • On donne tout y compris notre voix pour encourager ses coéquipiers et nos jambes quitte à marcher comme un canard le lendemain,
  • On fait plein de rencontres avec d’illustres inconnus (y compris ceux de mon équipe dans mon cas),
  • On roulee sur des vélos à plusieurs milliers d’euros en se demandant comment on va faire pour reprendre notre vieille bécane après (en ce qui me concerne).

Si ça vous dit de venir vivre ce genre de choses, faites signe il pourait y aovir de la place pour vous dans l’équipe! Rendez-vous pour la prochaine édition en 2016.

En savoir plus

Corrida du Beaujolais 2015 : making of des photos

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Ce vendredi 20 novembre, j’étais signaleur pour la Corrida du Beaujolais 2015 organisée par mon club le Trail Attitude Famennoise. J’avais proposé de faire quelques photos pour laisser un petit souvenir à chacun. Une première pour moi de faire de la photo de sport en masse dans des conditions… difficiles. Voici l’album Facebook complet de la Corrida du Beaujolais 2015 en question pour vous faire une idée. Sur la photo ci-dessus, le grand Georges, mascotte des Marchois située au centre de Marche-en-Famenne et juste à côté du lieu de départ.

Mais qui a éteint la lumière ?????

Quand j’ai compris qu’il n’avait pas été possible de me placer dans un endroit lumineux du parcours pour signaler et photographier, je savais que ça allait être compliqué de prendre des bonnes photos techniquement parlant. J’avais quand même prévu l’artillerie lourde :

Avant d’aller me placer, j’étais au départ dans le chapiteau où cette combinaison a très bien fonctionné même sans pied c’était parfait. La lumière se réverbérait sur les murs du chapiteau, il y avait un peu de lumière de différents spots présent sur place. Je pouvais rester sans soucis en ISO 200 et fermer à 1/250 avec des gens immobiles, des conditions idéales.

Le côté super chouette et un peu inattendu ce sont les gens qui viennent vers moi pour prendre des photos. Il faut dire qu’avec un pareil attirail, je ne passe pas inaperçu.

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Les coureurs du TAF présents en masse, ici Manu

Les réglages sur le terrain

Mais une fois en place dans une rue sans aucun éclairage, comme je m’en doutais, ce fut laborieux. Mon Canon 40D de 2009 a beaucoup plus montré ses limites que je ne l’imaginais en matière de sensibilité. Dès 800 ISO ça bruite et sérieusement.

Pour le flash j’ai poussé la puissance au maximum à +2. Le diffuseur Lambency est là pour garder un maximum de lumière autour de moi plutôt que de partir vers le ciel ou même sur les coureurs si je le pointe vers eux ce qui n’aurait pas été idéal.

Pour la mise au point, je veille bien à me placer en « AI Servo » histoire de pouvoir prendre des sujets qui bougent vite et refaire la mise au point fréquemment.

Enfin pour la sensibilité j’étais à 1000 voire 1250 avec des vitesses faibles d’ouverture entre 1/100 et 1/160 avec une ouverture de F2.8 Ce n’est pas idéal à plus d’un titre mais c’était nécessaire pour voir un minimum les sujets. Pas idéal pour des sujets qui bougent vite, il aurait fallait minimum 1/250. Pareil pour l’ouverture à F2.8, peu idéal pour que les sujets soient tous net.

Le résultat ?

Un résultat qui m’a déçu. Un bruit omniprésent mais atténué grâce à Lightroom en jouant sur les curseurs de Luminance et de détail dans l’encart « Détail » mais ce n’est pas le pire. L’autofocus de mon Tamron 17-50 2.8 fut catastrophique mais le moins pire par rapport au 85mm 1.8 incapable de faire une mise au point correcte et ne parlons pas du 50mm 1.8 EF-II dont l’autofocus est connu pour être très capricieux.

Au final beaucoup de mes photos sont floues :

  • J’avais tenté de ne faire la mise au point que sur un collimateur mais impossible, l’objectif patinait et donnait d’office une photo floue.
  • Entre 1/100 et 1/60 pas de miracle non plus avec des gens qui courent. 1/250 était vraiment nécessaire.

Autre point important, le flash avait du mal à suivre:

  • je mitraillais il se rechargeais toutes les 3-4 secondes et puis tout à coup après 20-25 minutes, il a commencer à prendre 15 secondes par photo prise.
  • Voyant qu’il ne suivait plus, je me suis dit perdu pour perdu, je tente des poses longues pour voir un peu ce que ça donne. Mais pas terrible.
  • Je tente alors de le rallumer pour voir 5 minutes après et là bizarrement il s’est mis à recharger toutes les 3-4 secondes comme au début. Un bug du flash ? Une idée ?

Réglages utilisés :

  • 1/100 à 1/160
  • F2.8
  • ISO 1000 et 1250

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Évidemment, pas trop dur quand les gens s’arrêtent 20 secondes devant moi (et encore)

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Difficile d’éviter le flou avec un avant-plan et un arrière-plan

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Pas pu m’empêcher de prendre quelques photos un peu plus créatives évidemment

Des conseils ?

Si vous avez des conseils pour une prochaine fois pour m’éviter ces écueils je suis preneur car à part changer de boitier ou d’objectif je ne vois pas trop…

Seule piste, c’est en lisant article sur l’autofocus, je n’avais pas fait gaffe aux collimateurs rectangulaires verticaux et horizontaux. Dans ce cas-ci vu tous les sujets verticaux, j’aurais du utiliser un collimateur horizontal ce que je n’ai pas fait.

La prochaine fois, voici mes résolutions de ce que je prendrai / ferai :

  • prendre un jeu de 4 piles de rechange pour le flash,
  • utiliser un boitier réflex plus récent (le Canon 70D d’Alinoa avec lequel je risque de voir la différence niveau gestion de l’ISO),
  • des spots type chantier si oui lesquels ? Pas idéal non plus de leur mettre toute la lumière dans la figure en plus du flash au moment de la prise de vue,
  • tester la technique du filé ? Suivre les gens sera peut-être mieux?.

Conclusion

Comme je le disais un peu déçu niveau technique mais en écrivant mon retour, je me rends compte qu’il y a malgré tout quelques pistes. Comme quoi écrire permet aussi de sortir des pistes de notre esprit qui ressasse.

Et vous avez d’autres pistes pour la prochaine fois qui permettrait d’arriver à un meilleur résultat ?

Sinon l’autre point qui m’a bien fait plaisir et surpris c’est l’engouement des coureurs et leur envie d’être pris en  photo! Sans doute la super ambiance qu’inspire et crée le Trail Attitude Famennoise.